La psychologie du parieur

Avec l’avènement d’Internet, les jeux d’argent (poker, paris sportifs, trading) se sont développés pour toucher le grand public. Cette tendance a amené la science à étudier la psychologie du parieur

On s’est aperçu que le joueur est conditionné à prendre de mauvaises décisions à cause des biais psychologiques inhérents à l’être humain. Le cerveau crée des raccourcis mentaux pour gérer le flux d’information constant qui empêche de voir le monde tel qu’il est.

Le parieur doit apprendre à identifier ces schémas mentaux destructeurs. Avoir une stratégie de pari gagnante est une chose. Mais, elle se doit d’être accompagné du bon état d’esprit. Un parieur discipliné qui contrôle ses émotions aura de bien meilleurs résultats qu’un parieur brillant qui refuse de se remettre en question. 

Nous avons identifié les erreurs de jugement les plus fréquentes. Tu devras dans un premier temps observer leur impact négatif quand tu paries, puis les canaliser dans le bon sens dans un second temps. 

Les biais de jugement qui impactent la psychologie des parieurs

Biais cognitifs :

Le parieur se base sur ses connaissances et ses croyances pour analyser l’information à disposition. Dès lors, il a tendance à prendre de mauvaises décisions. Il remet en question sa manière de penser uniquement après des pertes extrêmes, car il est victime de la rigidité de ses perceptions.

Biais émotionnels :

Le parieur est influencé par ses émotions pour prendre une décision. La réaction du parieur va être différente selon sa situation financière. Ainsi, tes pertes sont perçues de manière bien plus douloureuses que la satisfaction ressentie par un gain du même ordre. Tu vas être enclin à prendre des risques démesurés pour récupérer les pertes d’un pari perdu. Tu risques de parier en mode espoir sans réfléchir à ta décision.

Au-delà de ta situation financière, les recherches montrent que certaines périodes et certains états de la nature (week-end, soleil, pluie, congés, saisons…) ont un impact direct sur tes émotions. Par exemple, on observe que le parieur est plus averse au risque en hiver. A contrario, il prend plus de risque en été. 

Les heuristiques :

L’être humain est rationnel. Nous jugeons notre environnement de manière exhaustive et précise. Néanmoins, d’après la célèbre psychologue américain Shelley Elizabeth Taylor, nous sommes des « indigents cognitifs ». C’est-à-dire que l’être humain est un optimiseur de processus mentaux. Et pour cela, nous utilisons les heuristiques.

Les heuristiques sont des raccourcis mentaux que nous utilisons pour simplifier la solution de problèmes cognitifs complexes. Notre inconscient reformule le problème complexe pour le transformer en une suite d’opérations simples. Les heuristiques nous évitent de poser des raisonnements complexes à l’apparition de nouveaux problèmes. Or, ces raccourcis ne sont pas du tout précis et peuvent nous induire en erreur face à certains problèmes.

Le parieur sportif est confronté à ce problème des raccourcis mentaux lorsqu’il émet un jugement, ou pour prendre une décision. Souvent, le parieur accorde beaucoup plus de poids à une information anecdotique qu’à une information générale pertinente. Les heuristiques fixent la pensée du parieur en l’empêchant de réfléchir intelligemment.

Biais de disponibilité :

Le parieur se contente de l’information disponible immédiatement au lieu de prendre en compte toutes les informations utiles à la décision.

Par exemple, tu vas parier sur une équipe en prenant en compte uniquement l’historique des rencontres avec son adversaire sans étudier la forme du moment de l’équipe et l’enjeu du match. Tu devras être extrêmement vigilant quand tu analyses une rencontre à bien l’analyser en profondeur.

Biais de familiarité :

Un parieur va systématiquement s’intéresser à une situation qui lui semble familière. Tu auras tendance à parier sur ton équipe où ton championnat préféré sans raison objective. Tu dois te dissocier de ton ressenti personnel pour analyser un match de manière neutre.psychologie du parieur

Biais d’engagement :

Après avoir placé un pari en ligne, ton comportement va changer. Tu vas te persuader que le résultat que tu attends va se produire en ne prenant pas au sérieux les événements pouvant invalider ton scénario. Ce phénomène est connu sous le nom “d’erreur de pertes irrécupérables” (sunk cost fallacy en anglais).
Ce biais peut avoir des conséquences désastreuses sur les paris en direct. Le parieur peut continuer à dépenser de l’argent lorsque la stratégie la plus logique serait d’arrêter de parier. Tu dois développer ta capacité d’adaptation pour être capable de changer d’avis sur la base de nouvelles informations.

Biais de représentativité ou loi des petits nombres :

Le parieur à tendance à généraliser ce qui n’est qu’un cas particulier. Par exemple, de nombreux parieurs utilisent la technique des bêtes noires pour parier. Ils vont parier sur le fait qu’une équipe ne gagne jamais contre une autre équipe. Ce raisonnement est trop simpliste, car toute série a une fin. La loi des grands nombres montre qu’un résultat statistique n’est acceptable que si l’échantillon observé est suffisamment important.

Psychologie des foules :

Le parieur à tendance à suivre la pensée dominante. Il va vouloir parier sur les matchs qui font l’actualité et dont sa famille, ses amis parlent. En adoptant un comportement moutonnier, le parieur risque de faire une erreur de jugement. Tu dois garder ton indépendance d’esprit et garder en tête que les meilleures opportunités sont souvent méconnue du grand public.

Biais d’optimisme :

Les joueurs pensent disposer de capacités supérieures aux autres. Le parieur est naturellement optimiste sur ses paris et refuse de croire que la loi des probabilités s’applique à son cas personnel. C’est le fameux “ çà n’arrive qu’aux autres “. Le parieur croit en sa bonne étoile. Cet excès de confiance peut avoir des effets pervers sur la prise de décision. Le parieur va avoir des anticipations irréalistes et sous-estimer le risque.

Biais momentum :

Le parieur à tendance à sur pondérer l’information récente. On considère que ce qui s’est passé récemment a de grandes chances de se reproduire dans un avenir proche. Cette erreur biaise les anticipations et affecte la prise de décision.

Par exemple, si une équipe a perdu son précédent match, tu vas être d’un naturel pessimiste sur ses chances de succès. Inversement si l’équipe à gagner son précédent match, tu vas être optimiste et surestimer ses chances de succès.

Conclusion :

On peut voir avec la psychologie du parieur que les biais psychologiques sont inhérents à la nature humaine. La pression des paris sportifs fait ressortir la personnalité cachée du parieur sportif et ses émotions les plus fortes. Tu dois analyser ton comportement pour apprendre à les canaliser et agir de manière plus rationnelle. Le développement de cette capacité te donnera un avantage majeur sur les autres parieurs.

N’hésite pas à nous dire en commentaire ce que tu as pensé de cet article et si tu as déjà été influencée négativement par tes émotions dans la prise de pari sportif.

Sources :

https://www.pinnacle.com/fr/betting-articles/Betting-Psychology/the-importance-of-patience-in-betting/WZ52LN9NV97SRDHC

https://parieur-pro.fr/biais-cognitifs/

Psychologie des grands traders – Thami Kabbaj

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